« L'homme qui a vu l'Homme | Page d'accueil | AU RENDEZ-VOUS DU 29 »
18.02.2008
Les ours #1
19:30 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Commentaires
Réimplantons des êtres humains. Ils me semblent frappés par la terreur qui les rongent au plus profond de leur être. Un acte de gentillesse leur est devenu insupportable, comme une aggression.
Respirons, sentons, créons!
Ecrit par : valerie | 19.02.2008
Je crois au contraire qu'il faut supprimer l'art et reconvertir les artistes dans les travaux des champs (pas plus - je n'ai pas dit qu'il fallait les mettre dans des camps!). L'art, depuis 50 ans, qu'a-t-il fait d'autre qu'accompagner la décomposition désormais en voie d'accélération d'une société autrefois, malgré tout, équilibrée. En tout cas d'une société qui permettait d'envisager un progrès? Aujourd'hui le progrès semble impossible et l'art n'a fait que le souligner avec complaisance. Ont-ils fait autre chose l'art brut, l'art conceptuel, l'art abstrait, l'actionnisme viennois, l'art cinétique, les performance, les installations, le minimalisme, le Nouveau Réalisme, l'Op Art, le pop Art, l'art corporel, l'Arte Povera, le Land Art, Supports/Surfaces, la trans-avant-garde, le street art, l'art génératif, etc. que de confirmer le sentiment de perte, de mort de l'art, de l'homme et de la société?
Ecrit par : courageux anonyme | 19.02.2008
C'est pas pour me vanter mais des commentaires comme ça, ça m'a tout l'air d'être de l'art interventionniste...
Ecrit par : Courageux anonyme | 19.02.2008
2003 : 103 000 emplois dans le secteur du spectacle vivant et des activités artistiques
2004 : 119 000 ,, ,, ,, ,, ,, ,, ,,
Ça fait 16 000 ours en plus chaque année.... forcément le miel risque de manquer... Peut-être devriez-vous adapter votre questionnement à la réalité...
source: http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/
Ecrit par : courageux anonyme | 19.02.2008
En réponse à ce dernier post qui ne prend en compte que les chiffres, sachez que ce n'est pas le sujet le plus important.
Nous ne parlons pas du tout de la même chose : parmi les gens qui entrent dans les chiffres que vous vous plaisez à citer, il y a les esclaves qui triment pour Disney, il y a des amuseurs bas de gamme pour chaînes de télé médiocres, des gestionnaires qui se font passer pour des artistes, etc, etc.
Nous, nous ne parlons pas de ça, pas du tout… Nous parlons d'art, d'art dans notre vie. De désir d'art !
Parler de chiffres c'est une façon d'écraser une autre réalité : celle du symbole et celle de la sensibilité, c'est une façon de pas aborder la réalité profonde des choses telles que nous les vivons quotidiennement.
Sachez que ce dont il est question avant tout, c'est d'une volonté générale d'accorder leur place à la relation et à la sensibilité humaine. Ce n'est pas uniquement une question de chiffre, c'est une question de volonté et très souvent ça ne coûte rien !
Rien d'autre qu'un peu de sensibilité et d'intelligence…
Il s'agit de laisser une place à la liberté pour les humains, d'exister à travers des textes, des symboles, des images, des sons, des gestes… De se relier entre eux grâce à ces outils symboliques. Partout, dans les villes, les quartiers, et même dans les lieux faits pour ça…
Cela signifie d'abord un désir de relation, un désir de liberté, un désir de rencontre, un désir d'imaginaire partagé, un désir de beauté.
Et souvent ce sont des interdits ABSURDES qui empêchent que ça puisse avoir lieu… Ce n'est pas le manque d'argent !
Cela ne signifie pas forcément plus d'argent d'inviter quelqu'un à s'exprimer dans un lieu qui n'est pas fait pour ça a priori.
Ça signifie d'abord de ne pas l'interdire ! Cela signifie avoir une autre conception de l'être humain que celle qui est gouvernée par les chiffres (et qui nous est actuellement imposée par les USA de Bush).
En France, beaucoup d'argent est, depuis longtemps, jeté par les fenêtres pour soi-disant «mettre aux normes» des lieux, très souvent en réalité pour défigurer et rendre totalement stériles des espaces qui auraient pu à peu de frais recevoir des moments artistiques en toute simplicité. Permettre à l'ÉCHANGE ARTISTIQUE d'être vécu…
Ce qui coûte très cher en termes HUMAINS, ce sont ces normes souvent absurdes qui brident toute spontanéité, ces interdictions de ceci et de cela alors que souvent il n'y a pas le moindre danger, cette difficulté qui est aujourd'hui de plus en plus grande à utiliser l'espace public pour s'y exprimer.
Autrement dit ce refus de l'art, de la relation par l'art.
CE QUI COÛTE TRÈS CHER EN TERMES HUMAINS C'EST L'ABSENCE DE PLACE LAISSÉE À LA CRÉATIVITÉ DE CHACUN DANS LA SOCIÉTÉ CONTEMPORAINE.
Cette absence qui va de pair avec la mort de l'imagination et finalement la robotisation de l'être humain.
C'est ça la vraie question, la question philosophique…
C'EST LE VRAI CHOIX DE CIVILISATION AUQUEL NOUS FAISONS FACE AUJOURD'HUI… C'EST UN CHOIX VITAL.
Ecrit par : Rikitikitavi | 19.02.2008
Belle énergie! Si vous permettez que je donne mon avis, profane autant que lacunaire, il me semble que l'utilisation du terme "art" au sens où vous l'entendez est source de confusion. D'abord parce que l'art est en crise depuis au moins cinquante ans et que personne ne se risque plus depuis longtemps à en donner une définition; ce qui a permis l'extension de la sphère de l'art à tout et n'importe quoi au bénéfice exclusif des marchands, de quelques fonctionnaires de la rue de Valois et des forces d'argent les plus réactionnaires (B. Arnault, "notre grand collectionneur", au premier rang).
Ensuite parce que la notion d'art, il me semble, s'est dissoute dans le fétichisme de l'artiste, de son geste spontané, de sa pauvre réflexion philosophique (à quoi se résument beaucoup d'oeuvres d'art encensées de nos jours à travers le monde) et même de la fiente d'artiste logiquement portée au pinacle, quand l'art, celui qui entend jouer un rôle social, le même depuis 5000 ans, devrait rester arrimé à sa définition historique de transcendance d'un savoir-faire par le génie, le talent ou simplement la poésie...
En réalité ce dont vous parlez, je crois, ce pour quoi vous vous battez, à juste titre, porte un autre nom que l'art: c'est la poésie. Mettre de la poésie dans la ville, dans la vie, dans le coeur de l'homme me parait correspondre plus exactement à votre programme. Et la poésie ce n'est pas l'art. Il y a souvent de la poésie dans l'art mais pas toujours. La poésie engendre parfois de l'art, mais pas toujours. La poésie beaucoup plus fragile, plus précieuse même que l'art car quand l'art est interdit, bafoué, anéanti (en URSS par exemple), il reste toujours la poésie, comme option possible en chacun de nous.
Seulement voilà, j'en suis conscient, le mot poésie est fortement démonétisé. La poésie c'est léger, ineffable, fragile... alors que l'art traîne toujours son fardeau de kultur, d'institutions, d'honneurs, de marchés. L'art c'est un lobby puissant. La poésie c'est ringard. L'art ce sont des enchères spectaculaires, des affrontements intellectuels titaniques, de dissertations imbuvables... La poésie c'est l'homme libre, ouvert sur le monde et sur ses congénaires, irréductible à une quelconque autorité, à une quelconque domination sociale, irréductible à la robotisation de l'homme. L'art s'accommode très bien de la machine, la poésie plus difficilement. Faites quelque chose pour la poésie, nous vous en serons reconnaissants.
Ecrit par : Courageux anonyme | 20.02.2008
Tout à fait d'accord avec vous pour ce qu'il en est des résonances actuelles de ce mot.
Mais avec une réserve concernant le «combat sémantique» : peut-on se battre pour un usage des mots qui permette de leur donner une portée plus grande que celle qui est la leur aujourd'hui ?
S'il s'agit bien de ce qu'on pourrait appeler l'acte de «poieisis», nous tenons beaucoup à employer le mot "art" qui, s'il comporte aujourd'hui plusieurs niveaux de signification, avait originellement dans notre langue (avant que la philosophie allemande ne s'en mêle) un sens proche du «tekné» grec, et caractérisait avant tout une «façon de faire». Je pense qu'il n'y a pas de raison pour que ce très ancien et vaste mot soit dévalué au point de ne pouvoir être entendu autrement que dans le sens historique que vous utilisez ici (à juste titre).
C'est en tout cas un débat crucial et passionnant qui s'ouvre ici et il n'y a pas de raison de le refermer, n'est-ce pas ?
Ecrit par : Rikitikitavi | 20.02.2008
le message de Dominique me fait froid dans le dos "on réimplante des ours, alors réimplantons des artistes"
Je suis touché par les mots qu'ils ont pu tous nous dire ... peut-être encore plus vu que je suis étudiant en Arts et dont j'espère pouvoir créer mes propres pièces ... vivre de cette passion, sans quoi je ne ferai que parcourir qu'une vie et non la vivre.
Je ne pourrai malheureusement pas être présent vendredi, je le regrette, mais le tgv me coûte cher ... désolé.
Cependant, j'aimerais parler de cette manifestation, alors si tu me donnes l'autorisation de prendre cette vidéo et de la mettre en édito sur mon site avec l'adresse de ton blog, un message de ta part ...
N'hésites pas à prendre contact avec moi, tu trouveras mes coordonnées complètes sur le site ;-)
Artistiquement,
Tawny
Ecrit par : Tawny | 27.02.2008
Un nouveau "Courageux anonyme" ?...
Ranimons donc une fois de plus
La flamme du plumé inconnu
MERCI A TOUS POUR CETTE BRILLANTE INTERVENTION
(la pluie était vraiment de circonstance)
Ecrit par : renato | 01.03.2008

